← Retour à l'accueil de Alcobaça Monastery Tickets
Vue détaillée du gisant sculpté d'Inês de Castro sur son tombeau à Alcobaça, datant du XIVe siècle

Les tombeaux de Pedro et Inês — Guide détaillé

Ce qu'il faut observer sur les deux plus beaux tombeaux sculptés du XIVᵉ siècle au Portugal — le programme iconographique, les inscriptions et la légende de la résurrection.

Mis à jour en mai 2026 · Équipe conciergerie Alcobaça Monastery Tickets

Les tombeaux de Pedro et Inês à Alcobaça comptent parmi les plus beaux exemples de sculpture funéraire du XIVᵉ siècle en Europe — et constituent sans doute l'œuvre d'art la plus célèbre de tous les monastères portugais. Les visiteurs arrivent en connaissant l'histoire tragique et romantique ; rares sont ceux qui savent quoi regarder sur les tombeaux eux-mêmes. Ce guide vous propose une lecture approfondie du programme iconographique — les scènes, les inscriptions, la légende — afin que vous puissiez déchiffrer la pierre comme les visiteurs médiévaux étaient censés le faire.

L'emplacement — transepts opposés

Les deux tombeaux sont placés dans les transepts opposés de l'église principale — Pedro dans le transept sud, Inês dans le transept nord (ou inversement, selon les sources). Ils se font face de part et d'autre de la nef. La logique médiévale renvoie à la Résurrection : au Jour du Jugement dernier, Pedro et Inês se relèveraient de leurs tombeaux et se verraient immédiatement. Cet emplacement est intentionnel et répond aux instructions écrites spécifiques laissées par Pedro dans son testament.

Les deux tombeaux reposent au niveau du sol sur des figures de support représentant des moines ou des anges. Les gisants de Pedro et Inês sont allongés au sommet de chacun — tous deux vêtus de leurs robes royales, les yeux clos, les mains jointes en prière sur la poitrine. La sculpture des visages et le drapé des vêtements constituent le travail de détail le plus remarquable ; les figures dégagent une sérénité plutôt qu'un triomphe.

Le programme sculpté — faces latérales et extrémités

Chaque tombeau présente des scènes narratives sculptées sur les panneaux latéraux et d'extrémité. Les faces latérales du tombeau de Pedro illustrent la vie et les miracles du Christ — l'Annonciation, l'Adoration des Mages, la Crucifixion, la Résurrection. Les panneaux d'extrémité représentent la Roue de la Vie (une iconographie médiévale des âges de l'homme, de la naissance à la mort) ainsi que d'autres scènes allégoriques. La finesse de la sculpture surpasse celle de tous les autres tombeaux du XIVᵉ siècle au Portugal et témoigne des influences de la sculpture gothique française — les sculpteurs ont pu être formés en France.

Le tombeau d'Inês présente une décoration similaire mais avec des scènes différentes — le Jugement dernier et les sept péchés capitaux (l'Orgueil, l'Envie, la Colère, la Paresse, l'Avarice, la Gourmandise, la Luxure) personnifiés en figures. Le choix des sujets pour chaque tombeau a été interprété comme suit : Pedro aurait choisi pour lui-même le récit optimiste du salut et pour l'épouse perdue le récit moralisateur du jugement — bien que les spécialistes débattent de ce symbolisme. [VÉRIFIER cette interprétation avec la littérature historico-artistique actuelle.]

Ce qui fut perdu — les troupes françaises et la restauration moderne

Les tombeaux furent endommagés en 1810 durant la guerre d'Espagne, lorsque les troupes napoléoniennes pillèrent et détruisirent partiellement de nombreuses œuvres d'art religieuses à travers le Portugal. Plusieurs des figures sculptées d'origine entourant les tombeaux furent brisées ; certaines furent dérobées et n'ont jamais été retrouvées. La restauration moderne a stabilisé les structures mais n'a pas remplacé les fragments manquants. Observez attentivement les figures de soutien sculptées à la base de chaque tombeau — certaines sont des remplacements du XIXᵉ siècle et non des originaux du XIVᵉ siècle.

Les visages sculptés de Pedro et d'Inês eux-mêmes demeurent en grande partie intacts. Les deux effigies ont perdu des détails mineurs (mains, extrémités des doigts) mais l'ensemble des visages et des drapés sont des originaux du XIVᵉ siècle. La profondeur de la sculpture s'apprécie au mieux d'en haut (en regardant les effigies de dessus) et depuis un angle bas sur les panneaux latéraux. Les visiteurs consacrent généralement 8 à 10 minutes à chaque tombeau ; les amateurs avertis y passent 30 minutes.

La légende face à l'histoire documentée

Le célèbre récit de Pedro exhumant le corps d'Inês et la faisant couronner, contraignant les courtisans à baiser sa main morte, provient de chroniqueurs postérieurs — principalement Fernão Lopes (écrivant au XVᵉ siècle, près d'un siècle après les événements). Les sources antérieures sont moins explicites. La logique politique est solide : Pedro légitima publiquement son mariage secret et ses enfants avec Inês par cette cérémonie spectaculaire, que le corps ait été présent ou non.

Ce qui est documenté : Inês fut assassinée à Coimbra en 1355 sur ordre du père de Pedro, le roi Afonso IV. Pedro devint roi en 1357 et fit immédiatement capturer et exécuter deux des trois assassins. Les tombeaux jumeaux d'Alcobaça furent commandés sous le règne de Pedro et achevés en 1361. Pedro mourut lui-même en 1367 et fut inhumé dans le tombeau qu'il avait commandé. Cette histoire a été reprise dans le théâtre, la poésie et les romans portugais pendant six siècles — de Camões à la fiction contemporaine.

Questions fréquentes

Qui sont Pedro et Inês ?

Pierre Ier de Portugal (roi de 1357 à 1367) et Inès de Castro (son épouse secrète, assassinée en 1355 à Coimbra sur ordre d'Alphonse IV, père de Pierre). Leurs tombeaux sculptés du XIVe siècle à Alcobaça commémorent leur histoire et la légitimation posthume de leur mariage par Pierre.

Pourquoi les tombeaux se font-ils face ?

Selon les instructions écrites explicites de Pierre dans son testament : au Jour dernier, lors de la Résurrection, Pierre et Inès se lèveraient de leurs tombeaux et se verraient immédiatement. Leur disposition dans des transepts opposés relève d'une iconographie médiévale intentionnelle, reflet de la croyance de Pierre en leurs retrouvailles à la fin des temps.

Que représentent les sculptures des tombeaux ?

Les flancs du tombeau de Pierre illustrent des scènes de la vie et des miracles du Christ. Ceux d'Inès représentent le Jugement dernier et les sept péchés capitaux personnifiés. Les panneaux d'extrémité comportent la Roue de la Vie et d'autres symboles allégoriques médiévaux. Ces sculptures comptent parmi les plus remarquables de l'art funéraire européen du XIVe siècle.

Pierre a-t-il réellement exhumé le corps d'Inès pour la faire couronner ?

Ce récit provient du chroniqueur Fernão Lopes au XVe siècle, près d'un siècle après les faits. Les sources antérieures sont moins explicites. La réalité de l'exhumation fait débat parmi les historiens ; ce qui est attesté, c'est que Pierre a publiquement légitimé leur mariage et leurs enfants, et que les tombeaux étaient achevés dès 1361.

Les tombeaux ont-ils été endommagés lors de conflits ?

Oui — les troupes françaises ont endommagé le monastère en 1810 durant la guerre d'Espagne. Plusieurs figures sculptées à la base de chaque tombeau ont été brisées ou dérobées. Les gisants principaux de Pierre et Inès ont survécu dans un état remarquable ; une restauration moderne a stabilisé l'ensemble sans toutefois remplacer intégralement les fragments perdus.

Combien de temps consacrer à la visite des tombeaux ?

La plupart des visiteurs consacrent 8 à 10 minutes à chaque tombeau lors d'une visite de 90 minutes au monastère. Les amateurs d'histoire de l'art pourront prendre 30 minutes par tombeau pour examiner en détail les panneaux latéraux. Une loupe est autorisée pour observer de près la finesse des sculptures.